Comment aider un proche dépressif ?

Une personne dépressive souffre terriblement. Et la voir souffrir au quotidien est pénible pour vous aussi. Souvent, vous êtes vous-même perdu et ne savez pas quoi faire ou dire pour l’aider. Ces quelques conseils pourront vous aider.

Comment aider un proche dépressif ?

Le prendre au sérieux

« Tu n’as qu’à te changer les idées », « c’est seulement dans ta tête », « Il n’y a pas que toi qui a des problèmes, les autres souffrent plus que toi » … Voilà des choses qu’il ne faudrait pas dire à une personne dépressive. Parfois, la dépression est favorisée par un élément déclencheur ; d’autres fois, il n’y a aucune cause apparente. Parfois, la dépression touche une personne ayant eu une vie difficile ; d’autres fois, elle apparait chez une personne semblant tout avoir pour être heureuse. Quoi qu’il en soit, pour un dépressif, sa souffrance est réelle et ne doit pas être banalisée. Dites-lui que vous comprenez qu’il souffre et que vous êtes là pour lui. Dites-lui aussi que vous comprenez que la dépression est une vraie maladie mais que, comme toutes les maladies elle se soigne. Oui, maintenant il va mal mais cela ne durera pas éternellement.

Ne pas le culpabiliser ou l’abaisser

Se sentir lourd et léthargique, ne plus aider son conjoint ou ses enfants comme avant, ne plus pouvoir se concentrer au travail… lorsque la personne dépressive réalise qu’elle n’est plus aussi compétente ou joviale, elle a tendance à culpabiliser. Si elle voit que son état épuise également ses proches, sa culpabilité s’amplifiera. Même si c’est difficile par moments, faites preuve de patience face à sa léthargie, ses sautes d’humeur et ses plaintes… Expliquez-lui qu’il n’est pas plus responsable de son état qu’une personne souffrant d’asthme ou de diabète.

Il est également important d’insister sur le fait que la dépression n’est pas un signe de faiblesse. Comme il s’agit d’une maladie comme les autres, elle peut toucher n’importe qui, même les personnes les plus courageuses. Rappelez à votre proche qu’elle est une personne forte qui connait juste un instant de faiblesse.

Parler ouvertement des idées suicidaires

Les idées de suicide nous mettent à l’aise et nous font peur. Puis, nous nous disons que parler de suicide pourrait encourager la personne à passer à l’acte. Pourtant, beaucoup de professionnels sont d’avis qu’aborder le sujet avec douceur et franchise pourrait freiner le développement d’idées suicidaires. Dès que la personne affirme vouloir « partir » ou ne plus vouloir vivre, encouragez-la à élaborer puis rassurez-la. Evidemment, inutile de lui faire peur (ne lui dites pas que le suicide est un péché ou un acte irresponsable) : cela ne fera qu’empirer la situation. Rappela-la tout simplement à quel point sa présence compte pour vous et les autres. Vous pouvez lui rappeler toutes les belles choses qu’elle a accomplies et tous les autres projets auxquels elle donnera vie une fois cette étape douloureuse franchie.

Veiller à ce qu’il aie un bon ‘support system’

Le dépressif aura tendance à se couper du monde et à se renfermer. Pourtant, être entouré de quelques amis qui le comprennent pourra beaucoup l’aider. Parfois, certaines personnes se confient plus facilement à leurs amis qu’à leur parents ou conjoint. Prenez l’initiative et appelez ses amis ; encouragez-les à venir à la maison. S’il y a même un collègue, un cousin, une tante que votre proche aime particulièrement, invitez-les à déjeuner. Au préalable, ayez une petite discussion avec ces personnes. Ainsi, elles sauront qu’elles doivent essayer de lui remonter le moral en douceur.

Evidemment, si la personne se semble pas aimer ses visites et semble vraiment vouloir être tranquille, n’insistez pas.

Toujours susciter l’aide d’un professionnel

Pour certaines personnes, une thérapie chez un psychologue suffira. Pour d’autres, un traitement chez le psychiatre sera nécessaire. Dans beaucoup de cas, le traitement psychiatrique s’accompagne d’un suivi psychologique. Si dans un premier temps, votre proche présente les signes de dépression mais refuse d’aller chez un psy, accompagnez-le chez un médecin généraliste ; les généralistes peuvent également poser le diagnostic de dépression.

Ensuite, il faudra que votre proche suive son traitement ou sa thérapie. Il peut se montrer réticent : c’est le seul moment où vous devez insister et faire preuve de fermeté avec lui. Quitte à changer de thérapeute s’il le faut (il ne faut toutefois pas arrêter les antidépresseurs subitement), mais l’avis d’un professionnel est indispensable.

4 autres conseils

  • Trouvez des moyens pour valoriser la personne : montrez que vous admirez sa persévérance et tout ce qu’elle fait même en étant malade. Montrez-lui ses qualités et rappelez-lui toutes les fois où elle a fait preuve de générosité, d’intelligence et de courage.
  • Trouvez des moyens pour lui témoigner de l’affection : des sourires au quotidien, un câlin, une étreinte… Demandez son avis sur un projet ou sur le menu du soir (ne pas s’en offusquer si elle ne montre pas d’intérêt), passez du temps avec elle, envoyez-lui un petit texto dans la journée…
  • Encouragez les autres à ne pas le prendre en pitié : oui, il est important de reconnaitre sa maladie et de comprendre qu’il souffre mais il ne faut pas traiter la personne comme une victime. Si c’est possible, parlez aussi à ses collègues et supérieurs afin qu’ils soient un peu plus compréhensifs.
  • Demandez-lui comment vous pouvez l’aider : « Dis-moi ce que je peux faire pour toi… De quoi as-tu besoin en ce moment ? » Face à ces questions, la personne peut ne pas vous répondre mais elle verra que ses besoins et attentes sont valorisés. Trop souvent nous prétendons tout savoir sur la dépression et les désirs d’une personne dépressive. Et qui sait ? Elle peut vraiment vous répondre et vous aider à mieux comprendre ses besoins.