Le syndrome coronarien aigu : explications du Dr Muhammad Timol

Le jeudi 20 juin 2019, la Clinique Darné a organisé une causerie ayant pour thème le syndrome coronarien aigu. Le Dr Muhammad Timol, Cardiologue Interventionnel a évoqué les causes, le diagnostic, les conséquences (parfois mortelles) et le traitement de cette pathologie. Nous faisons le point.

Le syndrome coronarien aigu : explications du Dr Muhammad Timol

Qu’est-ce que le syndrome coronarien aigu ?

 Le cœur, nous le savons, est un muscle qui a besoin d’oxygène transporté par le sang. Cet oxygène lui est fourni par les artères coronaires. Situées sur le cœur, les artères coronaires se divisent en plusieurs autres branches. Lorsque l’une d’elle se bouche, se rétrécit ou s’abîme, nous parlons du syndrome coronarien aigu.  Si le cœur est privé d’oxygène, cela peut donner lieu à des conséquences graves voire mortelles. S’il y a plusieurs mécanismes qui peuvent engendrer une limitation du flux sanguin et d’oxygène, le plus commun reste l’athérosclérose, plus précisément la rupture d’une plaque atherosclerotique.

Qu’est-ce que l’athérosclérose ?

Ce sont des plaques de cholestérol qui se logent sur la paroi des artères et limitent circulation du sang. Non seulement elles limitent l’approvisionnement du cœur en sang, mais ces plaques peuvent aussi se nécroser ou se rompre au fil du temps. Le corps tente alors de ‘réparer’ la fissure en encourageant la coagulation de sang. Toutefois, le caillot formé empire la situation en bouchant le vaisseau, ce qui donne lieu à l’infarctus.

Les deux types d’infarctus

Lorsqu’une artère est critique et rétrécie cela peut donner lieu à 3 types de complications, chacune représentant 3 degrés de gravités différentes :

L’angine instable : le sang circule et le vaisseau reste ouvert malgré la fissure

L’infarctus sans sus-décalage du segment ST(NSTEMI): le sang circule plus difficilement et il y a une obstruction partielle du vaisseau. Le muscle cardiaque est endommagé mais les dommages sont limités. 

Infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST(STEMI) : le vaisseau est complètement obstrué. Le cœur est privé d’oxygène et risque de subir des dégâts irréversibles. Il s’agit d’une urgence médicale.

Les symptômes

Une personne qui fait un infarctus présentera les symptômes suivants :

  • Douleur et sensation de resserrement à la poitrine
  • Douleur au niveau des épaules, des bras et de l’abdomen
  • Palpitations
  • Vertiges et étourdissements
  • Nausées et vomissements
  • Essoufflement

Le diagnostic

Transporté d’urgence dans un établissement de santé où le patient subira un électrocardiogramme. Cet examen permet de mesurer l’activité électrique du cœur. Comme la nécrose des cellules cardiaques donne lieu à la libération de certains enzymes spécifiques dans le sang, une prise sanguine sera aussi conseillée.

S’entre-suivront  éventuellement, si nécessaire, une échocardiographie pour évaluer la fonction du cœur  et les valves et une angiographie qui permettra de visualiser les artères coronaires.

Le traitement

Le traitement dépendra surtout du type d’infarctus. Dans le cas d’un infarctus sans sus-décalage du segment ST(NSTEMI) le cardiologue, dans un premier temps, établira un traitement avec des médicaments tels que l’Aspirine, les antagonistes du récepteur P2Y12 tel le clopidogrel ou le ticagrelor, les anticoagulants tels que le fondaparinux ou l’enoxaparine, les bêta-bloquants  les statines et la nitroglycérine , avant d’avoir recours a une angiographie idéalement dans les 72 hrs après la présentation.  

Dans le cas d’un infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST(STEMI), il faut avoir recours à une thérapie de reperfusion en toute urgence :

« Pour sauver la vie du patient, il faut agir vite, très vite. Le traitement de reperfusion doit être administrée dans les 4 heures qui suivent, de préférence 90 à 120 minutes après qu’aient apparu les premiers symptômes. Nous ouvrons l’artère et administrons des médicaments afin de restaurer le flux sanguin. »

L’angioplastie permet, à l’aide de stent (endoprothèse) de maintenir ouverte l’artère et de restaurer le flux sanguin. Si l’angioplastie n’est pas possible, on a recours au pontage

La prévention

« Selon l’American Heart Association, il est indispensable d’avoir un mode de vie sain : d’éviter la cigarette, de réguler son poids, d’avoir une alimentation saine et de vérifier ses taux de glucose et de cholestérol. S’il y a un historique de problèmes coronariens dans votre famille, nous vous conseillons également d’avoir recours à l’électrocardiogramme de temps en temps afin de vérifier l’état de votre cœur. »